Paroles

Quelle heure il est à L.A.?
Est-ce que t'es au tel avec elle?
Impatient qu'elle se réveille
Qu'elle te rac' ses rêves
Quelle heure il est dans ta tête?
Tu prends la poudre d'escampette
J'suis qu'un fichier qui se jette
Qui se remplace
Et si mon tel vibre
C'est que Vinted ou ma grand-mère
Y a que toi qui peut te taire
Dans ces moments
J'me suffirais d'un mot
Mais le grain de ta voix
Me fait déjà savoir
Qu'elle s'est fait sa place au creux de toi
J'suis qu'une particule
Qui orbite autour de toi
Qui orbite autour de soi
Qui orbite autour de
J'suis qu'une particule
Quand je m'approche je me brûle
Si je m'éloigne je te perds
À quoi ça sert
J'suis qu'une particule
J'suis qu'une particule
Quelle heure il est à L.A.?
Est-ce que t'es au tel avec elle?
Impatient qu'elle se réveille
Qu'elle te rac' ses rêves
Quelle heure il est dans ta tête?
Tu prends la poudre d'escampette
J'suis qu'un fichier qui se jette
Qui se remplace
J'me sens tellement nulle à téco
J'étais même pas belle pendant l'visio
Avec ma coupe de blaireau
Alors que c'était ptet la der des der
Toi t'étais tellement beau
T'es beau quand tu rougis
Tu rougis quand tu parles d'elle
Tu m'dis t'inquiète c'est pas la peine
C'est quand même pas une top model
Mais qu'est-ce j'en ai à foutre
Puisque tu cèdes
J'suis qu'une particule
Qui orbite autour de toi
Qui orbite autour de soi
Qui orbite autour de
J'suis qu'une particule
Quand je m'approche je me brûle
Si je m'éloigne je te perds
À quoi ça sert
J'suis qu'une particule
J'suis qu'une particule
J'suis qu'une particule
Qui orbite autour de toi
Qui orbite autour de soi
Qui orbite autour de
J'suis qu'une particule
Quand je m'approche je me brûle
Si je m'éloigne je te perds
À quoi ça sert
J'suis qu'une particule
J'suis qu'une particule

Analyse des paroles

1) La distance géographique comme symptôme émotionnel

« Quelle heure il est à L.A. ? »

La question revient comme un refrain secondaire. L.A. n’est pas seulement un lieu, c’est une distance.

Décalage horaire = décalage affectif.
Elle ne sait pas où il est, ni avec qui, ni dans quel état d’esprit.

La géographie devient le reflet d’un éloignement relationnel.

2) Le numérique comme espace de solitude

« J’suis qu’un fichier qui se jette
Qui se remplace »

L’image est très contemporaine. Elle ne se compare pas à une personne, mais à un fichier.

Objet numérique, supprimable, remplaçable.

Dans un monde de visios, de téléphones, de notifications, l’amour passe par des écrans. Et dans cet univers, tout est archivable, effaçable.

Même la phrase :

« Et si mon tel vibre
C’est que Vinted ou ma grand-mère »

traduit l’attente obsessionnelle d’un message qui ne vient pas. La notification devient le baromètre affectif.

3) La métaphore centrale, la particule

« J’suis qu’une particule
Qui orbite autour de toi »

La particule est minuscule, invisible, dépendante d’un centre de gravité.

Elle n’est pas l’astre, elle est périphérique.

L’image scientifique donne une dimension presque cosmique à la relation. Elle tourne autour de lui, mais il n’est pas certain qu’il tourne autour d’elle.

La répétition renforce l’idée d’insignifiance ressentie.

4) Attraction et destruction

« Quand je m’approche je me brûle
Si je m’éloigne je te perds »

La relation est structurée comme un paradoxe gravitationnel.

  • Trop près, elle souffre
  • Trop loin, elle disparaît

C’est une dynamique toxique, où aucune distance n’est confortable.

5) La rivalité féminine et l’insécurité

« Est-ce que t’es au tel avec elle ? »

Le triangle amoureux est explicite.

La jalousie n’est pas agressive, elle est fragile. Elle doute d’elle-même :

« J’me sens tellement nulle à téco »
« J’étais même pas belle pendant l’visio »

L’insécurité physique et émotionnelle s’entremêlent. Elle se compare, se dévalorise.

6) La lucidité face au déni

« Tu rougis quand tu parles d’elle »

Le corps trahit ce que les mots nient.

Il tente de minimiser :

« C’est quand même pas une top model »

Mais elle répond intérieurement :

« Qu’est-ce j’en ai à foutre »

La beauté de l’autre n’est pas le problème.
Le problème, c’est l’attachement.

7) Identité dissoute

« Qui orbite autour de soi »

Ce vers est subtil. Elle ne tourne plus seulement autour de lui, mais autour d’elle-même.

La relation la replie sur son propre doute. Elle perd sa stabilité intérieure.

Conclusion

“Particule” explore :

  • la jalousie contemporaine à l’ère du numérique
  • la dépendance affective
  • la sensation d’être remplaçable
  • la perte de centralité dans la relation

La métaphore scientifique donne une grande force au texte.

Elle ne dit pas “je suis insignifiante”.
Elle dit “je gravite”.

Ce n’est pas l’absence d’amour qui fait mal, c’est le déséquilibre des forces.

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